
COMMENT DISTILLER
En Europe et en AmĆ©rique, la distillation est encore pratiquĆ©e de maniĆØre traditionnelle, où les alambics jouissent d’une grande rĆ©putation, bien que d’autres techniques plus modernes soient Ć©galement utilisĆ©es Ć plus grande Ć©chelle, dans un contexte industriel.
La mĆ©thode la plus classique de distillation est l’utilisation d’alambics artisanaux, gĆ©nĆ©ralement construits en cuivre. En effet, ce matĆ©riau, en plus d’ĆŖtre antibactĆ©rien, est Ć©galement un excellent conducteur de chaleur, ce qui permet une rĆ©partition uniforme de la chaleur, Ć©vitant ainsi les points chauds, et amĆ©liorant la qualitĆ© du distillat. Le cuivre est un alliĆ© parfait car il apporte une plus grande richesse aromatique.
Distillation alcoolique
La distillation est un processus qui consiste Ć chauffer un produit afin de sĆ©parer ses composants. Les composants les plus volatils passent d’abord Ć l’Ć©tat de vapeur, puis la vapeur est refroidie pour rĆ©cupĆ©rer ces composants sous forme liquide par condensation.
La base pour élaborer une boisson alcoolisée est un produit obtenu par fermentation, dont la matière première peut être des céréales, des fruits, etc. Selon la matière première fermentée, la région où le produit est obtenu ou la méthode de distillation utilisée, il est appelé différemment.
Par exemple, le brandy est obtenu par la distillation de raisins fermentĆ©s, c’est-Ć -dire un esprit de vin. D’autres boissons comme le whisky ou la vodka sont Ć©laborĆ©es Ć partir de la distillation de cĆ©rĆ©ales telles que l’orge, le maĆÆs ou le blĆ©. Le rhum, quant Ć lui, est principalement produit Ć partir de la canne Ć sucre, tandis que la base du tequila est l’agave bleu et est principalement produit au Mexique.
En Galice, on appelle Ā«bagazoĀ» le rĆ©sidu qui reste aprĆØs l’extraction du jus ou moĆ»t du raisin. Les Ā«bagazosĀ» sont constituĆ©s de la peau des raisins, des pĆ©pins et des rafles.

AprĆØs que les Ā«bagazosĀ» ont fermentĆ©, ils peuvent ĆŖtre distillĆ©s. Les marcs de raisin ou les bagazos peuvent ĆŖtre conservĆ©s dans des rĆ©cipients hermĆ©tiques, en Ć©vitant les poches d’air et en Ć©liminant l’excĆØs d’oxygĆØne. Cette conservation de la matiĆØre premiĆØre ne doit pas dĆ©passer cinq Ć six mois, sinon la qualitĆ© du marc obtenue diminue.
Avant de distiller, assurez-vous que l’espace rĆ©unit les conditions nĆ©cessaires Ć la distillation. La zone doit ĆŖtre bien Ć©clairĆ©e, propre et suffisamment ventilĆ©e, pour Ć©viter l’accumulation de vapeurs alcooliques.
L’alambic doit ĆŖtre bien nettoyĆ© et assurez-vous que les tuyaux ne sont pas obstruĆ©s. Pour cela, si vous le souhaitez, vous pouvez effectuer une distillation prĆ©alable d’eau avec du vinaigre ou de la farine de seigle.
La distillation commence en versant au fond de la chaudiĆØre un fond d’eau ou de vin vieux, aprĆØs avoir placĆ© une grille ou des sarments de vigne ou de la paille Ć la base, afin d’Ć©viter le contact direct des marcs avec le fond de la cuve. Ensuite, allumez le feu vif et introduisez les bagazos, en remplissant les 2/3 de la cuve (ne jamais remplir l’alambic complĆØtement). Assurez-vous Ć©galement que la matiĆØre organique utilisĆ©e a la consistance liquide nĆ©cessaire.
Lorsque la sortie des vapeurs est uniforme, placez le chapeau et scellez les joints avec de l’argile ou un mĆ©lange de farine de blĆ© et d’eau. Ensuite, procĆ©dez au remplissage du rĆ©servoir de refroidissement.
Une fois le distillat en cours de récupération, veillez à maintenir un débit lent et régulier, en réduisant progressivement la source de chaleur. Toute source de chaleur convient, mais le gaz est recommandé pour sa stabilité.
Les Ā«poteirosĀ» utilisaient et utilisent souvent des mĆ©thodes traditionnelles, en agitant le distillat dans un verre pour observer la persistance des bulles et en le frottant entre les paumes des mains, en l’Ć©valuant Ć l’odorat. Mais de nos jours, les degrĆ©s de sortie sont mesurĆ©s avec un alcoomĆØtre, afin de sĆ©parer correctement les fractions de tĆŖtes, de cÅurs et de queues.
Suite Ć ce processus, une grande partie de l’eau de l’alcool disparaĆ®t, ce qui rend la boisson plus concentrĆ©e et augmente son degrĆ© alcoolique.
Le principe de la distillation repose sur les diffĆ©rences de points d’Ć©bullition entre les composants du produit. L’eau (100°C) et l’alcool Ć©thylique (78,5°C), de sorte que les vapeurs qui se forment en premier sont celles de l’alcool, bien qu’il ne s’agisse pas d’alcool pur Ć 100%, mais mĆ©langĆ© Ć une petite proportion d’eau.
Les diffĆ©rentes substances chimiques prĆ©sentes dans les matiĆØres organiques ou les liquides en cours de distillation commencent Ć s’Ć©vaporer lorsqu’elles atteignent leur point d’Ć©bullition :
– AcĆ©tone 56,5 °C (134 °F)
– MĆ©thanol (alcool de bois) 64 °C (147 °F)
– Acide Ć©thylique 77,1 °C (171 °F)
– Ćthanol 78,5 °C (172 °F)
– Propanol (alcool Ć©thylique) 82 °C (180 °F)
– Propanol 97 °C (207 °F)
– Eau 100 °C (212 °F)
– Butanol 116 °C (241 °F)
– Alcool amylique 137,8 °C (280 °F)
– Furfurol 161 °C (322 °F)
Chacune de ces substances prĆ©dominera au moment de son point d’Ć©bullition, et la lecture de la tempĆ©rature lors de la distillation se fait au niveau du chapeau ou de la tĆŖte de l’alambic, où les vapeurs s’accumulent avant de passer vers le condenseur.
Si votre intention est d’obtenir de l’alcool destinĆ© Ć la consommation humaine, quelle que soit la substance Ć distiller, ce que vous recherchez est de l’Ć©thanol.
En mesurant la tempĆ©rature de la vapeur, vous saurez quand de l’Ć©thanol est produit (entre 78 °C et 82 °C) et quelle est la puretĆ© de la substance produite. Pour cela, nous utilisons un alcoomĆØtre ou un densimĆØtre (qui mesure par densitĆ©) et il nous indique les degrĆ©s sur la ligne de flottaison.
Le processus de distillation se dƩroule en deux phases : la vaporisation des ƩlƩments volatils des rƩsidus et la condensation des vapeurs produites. Dans cette phase de condensation, on peut distinguer trois fractions, qui apparaissent dans cet ordre dans le distillat :
TĆŖtes (avec des degrĆ©s d’alcool supĆ©rieurs Ć 70% vol.), composĆ©es des substances les plus volatiles que l’Ć©thanol, avec un point d’Ć©bullition infĆ©rieur Ć 78,4 °C.
CÅurs (entre 70 et 45 %vol.), formĆ©s par tous les composants ayant un point d’Ć©bullition compris entre 78,4 et 100 °C.
Queues (moins de 45 %vol.), dans lesquelles se trouvent les composĆ©s ayant un point d’Ć©bullition supĆ©rieur Ć 100 °C.
L’art de la distillation rĆ©side dans la capacitĆ© Ć sĆ©parer ces phases. Les distillateurs expĆ©rimentĆ©s utilisent leurs sens pour dĆ©terminer les points de coupe en fonction du goĆ»t et de l’odeur.
Les tĆŖtes ont gĆ©nĆ©ralement un goĆ»t astringent et une odeur dĆ©sagrĆ©able (mĆ©thanol ou mauvais alcool). La phase la plus souhaitĆ©e est le cÅur, qui est plus stable et doit ĆŖtre complĆØtement transparent. Les queues contiennent de nombreuses fractions ayant des points d’Ć©bullition Ć©levĆ©s, ainsi que diffĆ©rents alcools et furfurols, ce mĆ©lange peut altĆ©rer le goĆ»t du cÅur en plus d’ĆŖtre toxique (l’alcool de fusel provoque des maux de tĆŖte lors de la gueule de bois).
La tendance actuelle est d’utiliser uniquement le liquide provenant de la fraction des cÅurs, en rejetant les tĆŖtes et les queues, ou en redistillant les queues.
Si l’on souhaite augmenter la concentration en alcool, il faut procĆ©der Ć une seconde distillation du liquide obtenu lors de la premiĆØre distillation. Si l’on souhaite rĆ©duire le degrĆ© d’alcool, il faut ajouter de l’eau dĆ©minĆ©ralisĆ©e.
PRODUCTION D’HUILES ESSENTIELLES
La distillation Ć la vapeur est la mĆ©thode la plus douce et efficace pour l’extraction des huiles, car la plante n’entre pas en contact direct avec l’eau bouillante. Seul la vapeur ascendante qui traverse la plante libĆØre les huiles, qui sont transportĆ©es sous forme de vapeur. C’est la mĆ©thode la plus adaptĆ©e pour extraire les huiles essentielles, afin d’extraire l’Ć¢me de la plante, c’est-Ć -dire ses principes actifs.
Le parfait alambic pour une distillation respectueuse est celui dans lequel les zones d’eau et de plantes sont parfaitement diffĆ©renciĆ©es. Ć cet effet, nous disposons de l’alambic Ć colonne, où la colonne, munie d’une base perforĆ©e, est utilisĆ©e pour contenir les plantes, et la chaudiĆØre pour contenir l’eau. Un autre choix idĆ©al est l’Alambic pour Herbes Aromatiques et Ćpices, un modĆØle rĆ©cemment conƧu par notre entreprise pour distiller les plantes. La principale diffĆ©rence est que dans la mĆŖme chaudiĆØre, les plantes et l’eau sont placĆ©es sĆ©parĆ©ment par une grille situĆ©e Ć mi-hauteur, de sorte que les deux zones sont parfaitement diffĆ©renciĆ©es.
Il est Ć©galement possible d’utiliser l’alambic traditionnel, où l’eau et les plantes sont placĆ©es dans la mĆŖme chaudiĆØre en veillant Ć les sĆ©parer avec une grille adaptĆ©e, car il est trĆØs important de ne pas faire cuire les vĆ©gĆ©taux Ć distiller. Dans les deux types d’alambics, la distillation est rĆ©alisĆ©e par entraĆ®nement Ć la vapeur, car une chaleur excessive peut dĆ©truire les arĆ“mes. Une fois dans le condenseur, la vapeur se condense et se transforme en hydrolats et en huiles essentielles.
Le montage de l’alambic est simple, surtout avec ces petites dimensions. Si cela Ć©tait plus grand et que nous le jugions nĆ©cessaire, nous pourrions ajouter un tuyau d’entrĆ©e et un tuyau de sortie d’eau sur le rĆ©servoir ou le condenseur, crĆ©ant ainsi un circuit de refroidissement. Dans de petites dimensions, il suffit d’avoir un tuyau d’eau en excĆØs ou chaude, car il est plus pratique d’utiliser une petite casserole pour ajouter de l’eau ou des glaƧons dans le refroidisseur.
ProcĆ©dure avec l’alambic traditionnel
Tout d’abord, nous remplissons la chaudiĆØre d’eau, environ 50% de sa capacitĆ©. Ensuite, nous adaptons une grille ou une passoire en laissant une zone vide (pour Ć©viter que les bulles ne cuisent la plante) et nous introduisons la plante coupĆ©e en morceaux. Nous fermons ensuite la chaudiĆØre avec le chapiteau de maniĆØre Ć ce qu’il soit bien ajustĆ©. Nous prĆ©parons une pĆ¢te ou un mĆ©lange d’eau et de farine de blĆ© que nous appliquons sur tous les joints de l’alambic. Ainsi, lorsque l’alambic est chauffĆ©, la pĆ¢te se solidifie et empĆŖche toute perte de vapeur.
Ensuite, nous remplissons le rĆ©servoir de refroidissement avec de l’eau froide. Une fois que l’alambic est scellĆ©, nous allumons le feu au maximum et aprĆØs quelques minutes, l’hydrolat commencera Ć sortir. Pour Ć©viter qu’il ne sorte en Ć©claboussures, nous rĆ©duisons le feu de maniĆØre Ć ce qu’il s’Ć©coule comme un mince filet d’eau, ni en Ć©claboussures ni en gouttes.
Nous devons prendre en compte la quantitĆ© d’eau que nous versons dans la chaudiĆØre et l’apparence de l’hydrolat pour l’Ć©teindre avant que la chaudiĆØre ne soit Ć court d’eau. De plus, plus de temps s’Ć©coule, moins la qualitĆ© de l’hydrolat est bonne.
Une fois le processus terminĆ©, nous pouvons observer qu’il reste une couche Ā«huileuseĀ» Ć la surface de l’hydrolat extrait, ce sont les huiles essentielles car elles ne sont pas solubles dans l’eau et Ć©tant plus denses, elles restent au-dessus.
Pour extraire ces huiles essentielles, dans le cas de distillations de petites quantitĆ©s et en fonction du type de plante, elles sont souvent trĆØs rares. Si nous voulons les extraire, il est nĆ©cessaire de le faire Ć l’aide d’un dĆ©canteur ou, s’ils sont trĆØs rares, avec une pipette ou une seringue. Ces huiles doivent ĆŖtre conditionnĆ©es dans un flacon en verre foncĆ© et conservĆ©es Ć l’abri de la lumiĆØre.
– Guide sur les huiles essentielles dans les produits cosmĆ©tiques
– Transformation des plantes aromatiques et mĆ©dicinales
NETTOYAGE DE L’ALAMBIQUE
PREMIĆRE UTILISATION
Avant la premiĆØre utilisation, il est recommandĆ© de procĆ©der Ć une distillation de nettoyage. Pour cela, remplissez simplement 40% de la capacitĆ© de votre alambic avec de l’eau et 5% avec de la farine de seigle. Cela permet d’Ć©liminer les impuretĆ©s liĆ©es Ć sa fabrication artisanale.
NETTOYAGE HABITUEL DU CUIVRE
La mĆ©thode la plus simple pour nettoyer le cuivre est d’utiliser un peu de vinaigre et une cuillĆØre de sel. Avec ce mĆ©lange, frottez vigoureusement Ć l’aide d’un chiffon, rincez et sĆ©chez immĆ©diatement.
Traditionnellement, vous pouvez Ć©galement utiliser de la cendre, Ć l’intĆ©rieur et Ć l’extĆ©rieur.
Une autre mĆ©thode plus agressive, utilisĆ©e lorsque l’alambic est trĆØs brĆ»lĆ© ou endommagĆ©, consiste Ć utiliser de l’eau-forte diluĆ©e dans de l’eau. Frottez avec ce mĆ©lange, rincez immĆ©diatement et sĆ©chez soigneusement et immĆ©diatement.
Ensuite, vous pouvez également chauffer brièvement au feu pour apporter de la chaleur et maintenir sa couleur.
Il existe Ʃgalement des produits chimiques de nettoyage des mƩtaux que vous pouvez acheter pour une utilisation extƩrieure.
CHANGEMENT DE FONCTIONNALITĆ
Si nous avons utilisĆ© l’alambic pour produire des alcools et que nous en avons maintenant besoin pour produire des huiles essentielles, ou inversement. Selon le volume de la chaudiĆØre, nous prĆ©parerons un mĆ©lange composĆ© de 40% d’eau, 5% de seigle et une bonne dose de vinaigre. Nous distillons ce mĆ©lange afin de nettoyer les conduits par entraĆ®nement et ensuite nous procĆ©dons Ć une seconde distillation avec de l’eau.
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